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L'équilibre de la terreur

L'équilibre de la terreur

Un film écrit et réalisé par Jean-Martial Lefranc

Copyright : © 2004 Les Armateurs/Les Aventuriers de l'Image/Financière de loisirs        

Durée : 90’

Genre : Thriller politique en prises de vues réelles

Nationalité : Française

Cible : Adulte

Date de sortie en salles : 2 août 2006

 

L’HISTOIRE :
L’équilibre de la terreur raconte, du point de vue des terroristes, comment un réseau s’appuyant sur les ressources d’un état voyou parvient à tromper la surveillance des services secrets occidentaux et à réaliser un attentat à l’arme nucléaire en Europe.
 

Crédits

Producteurs délégués : Jean-François Geneix et Jean-Martial Lefranc

Coproducteurs : Les Armateurs, Les Aventuriers de l’Image, Financière de loisirs

Scénario : Jean-Martial Lefranc

Réalisation : Jean-Martial Lefranc

Musique : Côme AGUIAR

Editions musicales : Editions Blonde Music

Distribution salle France : Bac Films

Distribution vidéo France : France Télévision Distribution

Distribution Internationale : Bac Films

Avec le soutien de la Région Ile de France

Avec le soutien du CNC

Avec la participation de France Télévision Distribution

Note d'intention du producteur

Note d'intention du producteur, Didier Brunner
 
Jusqu’à ce jour Les Armateurs a produit des films d’animation. « L’Equilibre de la terreur » s’inscrit donc dans une volonté de diversification.Le choix de ce projet est un coup de cœur. J’ai été tenu en haleine par la lecture du scénario et séduit par la force de sa construction dramatique. Il combine le genre « enquête argumentée » d’un reportage et le récit fictionné qui, grâce à la dramatisation, donne une dimension intime aux personnages, à ces acteurs d’une terrifiante organisation secrète, pions d’une machination infernale dont tous les rouages sont des hommes.

L’histoire de ce complot criminel international réglé comme du papier à musique suppose une réalisation millimétrée avec un story board rigoureux. Cette méthode nous ramène vers le travail d’un film d’animation ou rien ne peut être laissé au hasard. C’est sans doute cette relation entre un scénario à la précision horlogère et sa réalisation qui m’a séduit le plus dans ce projet, car c’est un processus créatif proche de celui d’un dessin animé, une conception du cinéma qui correspond à un savoir-faire que Les Armateurs maîtrise bien aujourd’hui. Le plaisir de produire c’est aussi celui de ne pas se confiner à des techniques et des territoires artistiques connus et balisés et de se risquer à d’autres aventures toujours basées sur deux critères essentiels : un scénario de qualité et un réalisateur dont le talent est en pertinence avec le projet.« L’Equilibre de la terreur » remplit parfaitement ces deux conditions, c’est là ma conviction !
 
Didier Brunner


Note d'intention de l'auteur, Jean-Martial Lefranc

Un film politique.
 
« L’équilibre de la terreur » exprime une position politique. Cette expression n’est pas affichée comme un drapeau mais il est important qu’elle apparaisse comme claire aux lecteurs du scénario. Nous vivons désormais dans un monde dont la principale caractéristique est l’asymétrie de la confrontation entre les riches et les pauvres, l’occident et le monde en développement. C’est du moins ce que nous décrivent les experts en géopolitique. Cette confrontation est factice : Philip K.Dick aurait parlé de simulacres. Cette lutte ne se déroule que dans une réalité alternative, une réalité d’images. L’attentat du 11 Septembre 2001 produit un spectacle et parvient à monopoliser les télévisions du monde entier pendant plusieurs jours. Mais ses conséquences politiques, géostratégiques ou économiques sont quasiment inexistantes.

On glose sur le changement d’époque, sur l’acte fondateur du XXième siècle. Mais dans la réalité, aucune troupe islamiste n’occupe les rues de New York, aucun règlement n’est intervenu en Palestine, aucune déflagration mondiale n’est née de cet évènement. L’assassinat de l’archiduc Ferdinand à Sarajevo en 1914 a eu plus de conséquences sur le monde que la chute des tours jumelles. En revanche, cet attentat a produit un spectacle qui continue de se développer sous la forme de nouveau spectacle à travers les flots d’analyses, de romans, de films dont les thèmes tournent autour de cet évènement. Les dirigeants américains ont bien compris la nature du défi qui leur était lancé et ont choisi de répliquer sur le même terrain que les attaquants : pour parer au spectacle, il faut créer plus de spectacle. La guerre en Afghanistan génère peu d’images même si celles qui sont fabriquées le sont avec les conseils Jerry Bruckheimer, le célèbre producteur de films d’actions. Encore une fois, ses conséquences politiques sont marginales : tel un prince monégasque, le très élégant président Karzai règne sur Kaboul entouré de ses gardes du corps au look soigneusement travaillé. Les Etats-Unis n’ont accordé aucun crédit de reconstruction significatif et ils se contentent d’autoriser la relance économique par la culture du pavot dont l’organisation est confiée aux seigneurs de guerre locaux. Dans ce contexte déprimant, la décision est donc prise d’envahir l’Irak. Les images produites sont belles, spectaculaires : des colonnes de chars Abrams foncent dans le désert. Il n’y pas d’enjeu stratégique, politique, ou même économique à cette guerre. L’explication par le pétrole est un leurre : les Etats-Unis ne se fournissent pas en Irak et personne ne pense à refuser de vendre le précieux liquide au plus grand consommateur du monde. Quant à mettre la main sur les gisements, il faudrait pour cela en exproprier les irakiens, ce qui n’est même pas envisagé. Seul le spectacle compte. Au nom du spectacle, chaque objectif militaire est frappé au minimum 12 fois par des missiles de croisière. Ils sont détruits par la première frappe et filmés pendant les deux semaines qui suivent alors que les bombes s’abattent sur des ruines.

La résultante politique après la victoire est inexistante : au bout du compte, les américains auront dépensé l’équivalent de leur budget national de l’éducation pour libérer les irakiens de la dictature de Saddam Hussein. Une générosité aussi disproportionnée ne peut que laisser sceptique sur les motivations de l’opération ou sur la pertinence de ceux qui l’ont engagée.
 
Se jouer du simulacre.
 
« L’équilibre de la terreur » entend dénoncer ces simulacres en explorant par le biais d’une forme semi documentaire les coulisses du théâtre où se déroule la lutte pour le spectacle. Dans le film, les forces du bien se battent pour imposer par la force et l’influence un semblant d’ordre mais ces démarches échouent dès lors que l’adversaire est mobile et dispose d’un accès facile à la technologie. Cette technologie est omniprésente dans « L’équilibre de la terreur » : ordinateur, internet, drône, caméra espion, téléphone. Tous ces objets nomades permettent à l’armée des ombres de se mouvoir à travers la toile de l’histoire en voyant et sans être vus. La lutte technologique est véritablement asymétrique : toutes les données produites par les systèmes de contrôle occidentaux peuvent être détournées et retournées contre leurs auteurs. Quant à l’armée des ombres, elle n’a aucune conviction. Elle attaque parce que les moyens d’attaquer lui sont donnés et que cette attaque va permettre à la classe dirigeante de certains pays musulmans de faire passer à la postérité certains de leurs enfants.

En ce sens, je suis convaincu que si aucun nouvel attentat d’envergure n’a encore eu lieu aux Etats-Unis depuis le 11 Septembre, ce n’est ni parce que la sécurité a été renforcée, ni parce que les bases du terrorisme ont été extirpées mais parce que le réseau souhaite préparer soigneusement une opération qui soit supérieurement spectaculaire à l’attaque sur le World Trade Center. Les terroristes dans « L’équilibre de la terreur » sont obsédés par leur image et ils apprécient leurs actes à l’aune des retombées médiatiques. Si « L’équilibre de la terreur » est donc un film politique, sa politique doit plus à Baudrillard ou Virilio qu’à Marx, Friedmann ou Wolfowitz.
 
Conclusion/Confession.
 
Dans cette confrontation des images, « L’équilibre de la terreur » entend lui aussi être spectaculaire. Le film est une sorte de vortex pour absorber et recracher des simulacres. Le mélange des images de synthèse, des images d’archives et des images effectivement réalisées pour le film, aboutit à une œuvre où la barrière entre réalité ou fiction disparaît, où l’information devient rumeur et où la rumeur devient psychose. Cette démarche n’a bien entendu pour principal objectif que d’assouvir mon propre désir de trouver ma place au sein du spectacle. Pour le reste, je suis convaincu après les recherches menées pour l’écriture du scénario qu’il est impossible à un groupe terroriste de faire exploser un engin nucléaire. C’est pourtant la prochaine étape logique dans l’ordre du spectacle. C’est la mission cathartique du film : être si réaliste qu’il s’approprie définitivement ce spectacle-là et l’empêche à jamais d’entrer dans la réalité.
 
Jean-Martial Lefranc